2036 Views |  1

Histoire d’utilisateur #3 – Tu traques mes activités

Les traqueurs d’activités sont un vaste sujet. Il en existe des dizaines et les différences entre eux sont relativement minimes. Bien que certains comme le chinois Xiaomi se préparent à sortir des bracelets lowcost (environs 15$) la majorité oscillent entre 90 et 150€.

Pourquoi j’ai choisi le FitBit Flex ?

  • FitBit s’engage ! En rose à l’époque où je l’ai acheté, une partie était reversée pour la recherche contre le cancer du sein ;
  • je voulais un bracelet confortable ;
  • le design me plait à la fois pour l’aspect mat de l’objet mais aussi pour les diodes discrètes qui n’apparaissent qu’en tapant sur l’écran ;
  • je cherchais à avoir une vision sur mon sommeil et mon activité quotidienne.

D’ailleurs, d’après un rapport du cabinet d’analystes Canalys, c’est à peu près le cas de la moitié des utilisateurs de bracelets connectés (au premier trimestre 2014).

 

Quels changements après 7 mois d’utilisation ?

Cela fait maintenant 8 mois que je le porte nuit et jour et je commence réellement à voir mon comportement changer sur la durée.

WP_20140724_006

Le tableau de bord joue un rôle important dans la “récompense” après une journée active.

Tableau de Bord FitBit

  • A la fin d’une journée quand je n’ai pas toutes les diodes allumées je soupir et monte sur le vélo d’appartement pour brûler quelques calories supplémentaires ;
  • cela me pousse à marcher plus souvent même quand je reste dans mon appartement (le week-end) ;
  • les données sur mon sommeil m’ont servie quand pendant une période j’ai commencée à me sentir fatigué. J’ai donc pu prévenir mon médecin que j’avais perdu environs 2h de sommeil par nuit ainsi que triplé mon temps d’endormissement. Et donc faire le nécessaire ;
  • quand mon FitBit Flex vibre parce que j’ai atteints mon objectif je suis VRAIMENT contente ;
  • quand j’ai le meilleur score hebdomadaire sur le classement de mes amis, je me la raconte pendant au moins 3 jours.

 

Les tableaux comparatifs disponibles sur le site internet en Premium sont un plus pour avoir un point de repère en comparaison aux autres personnes (globale ou tranche d’âge et sexe identique au votre par exemple). J’aime personnellement les parcourir quand j’ai un peu de temps (1 fois par mois en général).

Tableau comparatif

Et aujourd’hui de plus en plus d’accessoires sortent pour le FitBit Flex ce qui va me permettre d’assortir mon traqueur à mes différentes tenues. Ce qui est un bon point pour attirer l’attention des gens qui aiment prendre soin de leur look et ceux qui feront les tendances de demain.

Couleurs FitBit

 

Les objets geek deviennent des bijoux

Les bijoux connectés arrivent. Pour élargir la cible des objets connectés il faut étudier la raison pour laquelle les gens sont réfractaires à le porter au quotidien et ainsi trouver des solutions. Une des problématique de ces objets est qu’ils sont d’un aspect assez geek ce qui ne va pas toujours avec les différentes tenues de nos dressing. Certains l’on bien comprit, la sortie de la montre Withings (traqueur d’activité) ou Cuff (localisation d’une personne), June de Netatmo (exposition au soleil) ou encore Mémi (bracelet connecté au smartphone) montre cette transition vers le bijou. FitBit quant à lui s’associe à la créatrice Tory Bursh pour proposer de véritables bijoux entre 30 et 150€ (vendus sans le traqueur).

Les croquis du bracelet doré par Tory

FlexComparison

 

PS : c’est celui-ci que je veux pour mon anniversaire 🙂

La gamme proposée par Tory et le pendentif 

Tory FitBit

Plus qu’une tendance, il s’intègre dorénavant à toutes vos tenues et tous vos styles. La communauté de créateurs autour du FitBit Flex est très active. Les couturiers, bijoutiers, designers laissent tous parler leur créativité afin de proposer de nombreuses sortes de bijoux pour sortir tous les jours avec votre FitBit.

  • Bracelets
  • Colliers
  • Bandeaux pour les cheveux

D’autres exemples de créations FitBit Flex et d’autres bijoux connectés

 

Que disent les études sur les traqueurs d’activité ?

Depuis quelques temps, des organismes commencent à s’intéresser aux traqueurs d’activités (bracelet). Alors qu’un certain nombre de personnes remettent en question l’utilité et la pertinence de ces objets une étude de 7 mois sur 1000 personnes est parue en Mai 2014 en France. L’Institut du Quantified Self  a lancé une étude sur l’usage d’un capteur de Quantified self en mai 2013 avec My Santé Mobile et voici ce qui en ressort :

  • L’usage du traqueur permet de modifier le comportement des gens ;
  • l’utilisateur d’un traqueur parcours 2000 pas de plus par jour ;
  • les personnes en surpoids perdent en moyenne 4 kilos ;
  • 97% des personnes qui décident de prendre un traqueur souhaitent améliorer leur condition physique et 69% perdre du poids ;
  • cependant, au bout du 5ème mois, on observe une lassitude et une baisse d’utilisation d’environ 40% ;
  • ceux qui partagent leurs données marchent environs 1800 pas de plus par jour et le portent plus souvent.

mysantemobile-1

Soyons patient, la publication d’un rapport complet est attendue pour fin 2014.

De son côté, Nutrinet-Santé commence une étude avec 268.000 internautes et en partenariat avec Withings. Le but est d’enrichir la recherche épidémiologique sur les relations entre la nutrition et la santé grâce aux objets connectés. Cette étude est plus large que la précédente car elle prend en compte différents objets (balances, traqueurs, tensiomètre intelligent, etc.). Pour cette étude, Nutrinet-Santé se basera à la fois sur les données récoltées au travers des objets connectés et sur les questionnaires remplis régulièrement par les internautes. Leur objectif est de faire le lien entre les modes de vie modernes et les maladies cardiovasculaires.

 

Nos données dans les mains des assurances, des médecins ?

Cédric Hutchtings de Withings a dit :

“La frontière entre les domaines du bien-être et de la santé va s’estomper. L’objectif est que demain, les gens disent que c’est eux qui prennent soin de leur santé, avec l’aide de leur médecin et non plus leur médecin seul. Il faut que ces données deviennent utiles pour le corps médical, tout en sachant qu’elles doivent sans doute être filtrées car ce sont des mesures prises chez soi, hors protocole médical, et qui n’ont donc pas la même fiabilité que lorsqu’il s’agit d’un médecin qui opère ce type de mesures. Le patient devient expert, le médecin va devoir le prendre comme un partenaire.”

Nos données de santé ont une grande valeur et les assurances en sont conscientes. Axa a lancé un programme de récompenses des clients qui ont accepté de porter un bracelet connecté (partenariat avec Withings) et qui font entre 7000 et 10000 pas par jour. Cependant des dérives sont susceptibles d’arriver (prix des assurances par rapport à l’état de santé etc.).

On apprit aussi très récemment qu’Apple s’intéresse à la revente des données collectées via HealthKit de ses clients aux assurances santés. La rumeur à prit de l’ampleur quand la firme a prit contact avec UnitedHealth, la plus grosse mutuelle américaine et Humana.

New Finance a réalisé dans ce cadre des workshops autour des assurances et des données liées à la santé “London Insurance Disrupters – The Quantified Self” La vidéo ci-dessous se déroule après la séance de travail en équipe. Le but est de réfléchir plus largement à la relation entre l’assureur et le client et voir comment ils peuvent améliorer cette relation en utilisant ces données. Les discussions tournent aussi autour des dérives vers lesquels ne pas aller le but (énoncé) étant de ne pas faire fuir les clients ou prospects.

 

Nos données pour mieux comprendre l’humain

Le 25 août dernier, un tremblement de terre a tremblé en Californie. Le plus gros depuis 25 ans. Quelques heures plus tard, Jawbone faisait paraître sur son blog un graphique (ci-dessous) révélant la qualité de sommeil des utilisateurs de Jawbone dans 3 secteurs du pays la nuit du tremblement. Il est intéressant d’avoir ces informations mais encore une fois, on peut se poser la question de l’utilisation de nos données sans notre consentement “conscient” (compréhension réelle de ce que l’on signe et accepte au travers des conditions générales).

Jawbone Earthquake

 

Pour la navigation dans le graphique interactif et l’article complet sur le blog de Jawbone c’est ici.

 

Comment les sociétés peuvent-elle en profiter ?

Il est encore difficile de trouver des exemples précis et communiqués sur internet mais en voici un.

L’entreprise Appirio a offert à ses employés un FitBit Flex. 40% des employés ont accepté d’en porter un. 100 ont accepté de partager leurs données. Mais pour quoi faire ?

  • Baisse de 5% du coût de la mutuelle,
  • Gain de 300 000$ par an,
  • Création d’une compétition interne entre employés sous forme de jeu.

 

Mais que fait la CNIL ?

La CNIL réfléchit elle aussi au sujet. Retrouver le cahier dédié à ce sujet. Connected-objects.fr résume les conseils qui en ressortent

“Utiliser, si possible, un pseudonyme pour partager les données ;
Ne pas automatiser le partage des données vers d’autres services (notamment vers les réseaux sociaux);
Ne publier les données qu’en direction de cercles de confiance;
Effacer ou de récupérer les données lorsqu’un service n’est plus utilisé.”

 

Ces conseils paraissent désuets, espéreront donc que des études et des lois réellement pertinentes sont en train d’être mises en place ou au moins en cours de réflexion. Nos données sont précieuses et beaucoup trop d’argent est en jeu pour qu’aucuns débordements ne soient à déplorer.