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Mon UXperience du salon Interaction14 à Amsterdam

Avant tout si vous vous posiez encore la question de savoir si c’est pertinent de vous rendre à ce salon la réponse est clairement OUI !

Si vous êtes un designer d’interaction vous apprendrez à la fois de nouvelles méthodologies, de nouvelles façons d’appréhender le design et entendrez des expériences utilisateurs inédites. Les sessions vous apporterons à la fois des connaissances tout en vous permettant de vous conforter dans ce que vous essayez de mettre en place dans vos structures (startup, grandes entreprises, etc.). Si en plus vous êtes un designer d’interaction sociable vous rencontrerez de nombreuses personnes : designers consultants, en poste chez des éditeurs de logiciels dans des agences ou dans des entreprises internationales. La richesse des échanges est immense et les gens sont (pour la plupart) faciles d’accès. Il faudra juste avoir des histoires à raconter, des expériences à échanger et savoir s’exprimer sur de nombreux sujets. Et ceci pour une seule raison : la plupart des personnes avec qui vous serez à même d’échanger sont plutôt « high level » :). Si vous voulez que ce séjour soit parfaitement « rentable » il faudra savoir écouter, échanger, rencontrer, partager vos expériences et pour tout ça : être très à l’aise en anglais.

Car c’est une question très importante pour nos employeurs, j’ai demandé à presque toutes les personnes avec qui j’ai échangé : quel est le ROI pour vous ? La plupart ont sourit tant la réponse est évidente lorsqu’on est sur place.

Un designer seul ne peut pas évoluer et ce n’est malheureusement pas comme pour les développeurs. Il ne nous suffit pas de tourner les yeux dans une nouvelle direction pour trouver un designer suffisamment pertinent dans le même domaine que nous et qui va nous permettre d’évoluer dans notre travail et dans notre vision. Il va souvent falloir traverser des frontières que ce soit pour rencontrer ces nouveaux « mentors » ou trouver une société prête à encourager votre vision. Des sociétés prêtes à accepter un designer pour ses compétences et son rôle évident et qu’il puisse prendre place autour de la table. Des designers comme Uday Gajendar ont réussit, il nous a d’ailleurs donné une session passionnante sur la façon de se positionner avec les décideurs et comment leur donner ce dont ils ont besoin tout en restant à sa place. Le ROI n’était donc pas dans le nombre de client ramenés mais dans la connaissance et la richesse que chaque designer peut rapporter à sa propre société.

Le design ne se limite au fait de concevoir des wireframe et d’organiser des workshops certains l’ont bien comprit d’où le positionnement de plus en plus haut de designer dans la hiérarchie. Notre rôle est de savoir dire « non, c’est une erreur » à son CEO. Notre rôle est d’aider nos sociétés à avoir la vision court et long termes sur les orientations et choix à faire que ce soit pour des interfaces, de nouveaux services, de nouveaux produits ou même de savoir quand est le bon moment pour passer de l’un à l’autre. Un designer c’est avant tout une vision qui une fois ajoutée à celles des autres décideurs permet à une société d’innover.

Un designer est une personne qui va vouloir donner, beaucoup trop parfois… Deux sessions ont gravités autour de ce sujet et de nombreux conseils pertinents nous ont été fournit. Christina Wodtke nous a apprit comment les OKR étaient bien plus intéressant à mettre en place que les KPI. Elle nous a aussi expliqué qu’elle les utilisait dans sa vie personnelle pour se donner des objectifs et les tenir afin de rétablir la sérénité dans sa vie. Entre autre, dans sa vision faire un point sur la santé physique et psychologique de son équipe est nécessaire et fait parti des paramètres. Elle met aussi en avant le fait qu’il faut « celebrate every Friday evening » les réussites de la semaine.

Parce qu’on sait tous que le stress s’insinue tellement aisément dans nos esprits et nos corps de designer passionnés (un peu trop parfois) Irene Au nous a parlé du langage du corps. Mais pas dans le sens “qu’est-ce que nos postures veulent dire de nous” mais dans le sens : Comment commander à son corps d’être plus créatif, comment travailler sur son esprit pour faire descendre le stress et devenir un encore meilleur designer. Le fait de faire faire des exercices de yoga à plus d’un millier de designers ne lui a pas fait peur et elle nous a entraîné dans des exercices de méditation et de yoga pour nous faire passer son message. “Reprenons le dessus sur notre corps et notre esprit afin de nous épanouir personnellement et d’être un meilleur « élément » pour notre entreprise” était globalement son message.

Un designer doit avoir beaucoup d’empathie et doit s’avoir analyser techniquement les choses. Les deux sont contradictoires car ils ne font pas travailler le cerveau de la même manière. Mais un designer doit pouvoir faire la gymnastique entre les deux. D’après une étude dont Irene nous a parler il suffit de jouer pendant 1H tous les jours à des jeux d’actions violents et rapides et cela pendant 2 semaines pour réussir à devenir un designer plus analytique qu’empathique. A l’inverse, ne pas avoir d’empathie de base s’avère être plus complexe à pallier, plusieurs années d’exercices de méditation et autres techniques seront nécessaires. De nombreuses personnes se disent “designers” alors qu’elles ne le sont pas, ce n’est pas une mauvaise chose de vouloir devenir designer car c’est en effet un métier passionnant ! On ne parle pas ici d’avoir fait la bonne formation ou non mais si vous êtes un « analytique » alors devenez ergonome mais n’essayer pas de devenir du jour au lendemain « designer d’interaction » « designer ux » ou « designer d’expériences numériques ». Il faudra d’abord apprendre à utiliser votre cerveau limbique et être à l’écoute du reptilien tout en conservant votre aisance à utiliser le néocortex pour pouvoir devenir un véritable designer 🙂

D’autres sessions étaient passionnantes, je pense ici à Bernard Lahousse qui nous a parlé des sens et de sa façon de travailler avec des grands chefs pour créer des plats exceptionnels en se basant uniquement sur des données scientifiques. Le rapport entre la vue (couleur et forme) et le goût, entre l’odorat et le goût, ou entre le toucher (le poids ou la texture) et le goût. Si ce sujet vous passionne alors aller faire un tour sur www.foodpairing.com

Zak Brazen et Wyatt Starosta nous ont donné une session éblouissante sur la nature et son design évolutif. Le parallèle avec le design de produit, d’interface et de services, tous de plus en plus liés au final, est vraiment pertinent. On voit d’ailleurs apparaître de plus en plus de produit prêt à apprendre, à évoluer comme les plantes et les animaux ont pu évoluer et continuent à évoluer sans cesses. L’avenir du design sera certainement dans l’auto apprentissage et l’évolution jusqu’à ce que l’on oubli l’existence de nos technologies qui disparaîtront tant elles nous connaîtront. Et en parlant de connaissances, comment faire l’impasse sur la session de Avi Itzkovich sur les « senseurs » car c’est bien grâce aux senseurs qui nous entourent, qui sont dans nos poches que les technologies s’effaceront avec le temps. Avi a évincé les questions d’étiques qui se posent évidement mais pour lui tout sera une question de limites et la limite est différente pour chacun. Nos périphériques nous connaissent et c’est bien grâce à toute cette connaissance que nos expériences numériques vont pouvoir devenir adaptatives.

J’ai aussi eu la chance de voir la session de Scott McCloud qui nous a longuement parler de l’avenir et l’évolution des comics tant au niveau des formats, des supports que de leur interactivité.

Enfin pour finir, une session d’une jeune « artiste technologique » Svenja Keune qui malgré sont stress a réussi à nous présenter de manière très décalée son travail. Des expériences étonnantes autour des tissus et des technologies. Pour les amateurs d’art et de technologies (il faut les deux pour apprécier) c’est une artiste à suivre.

La somme de ce que j’ai appris tant au niveau personnel que professionnel, tant au niveau humain qu’au niveau technique est immense. J’ai hâte de pouvoir retourner au salon Interaction et peut-être être speaker un jour ? Maintenant il ne reste plus qu’a réfléchir et se poser la question que tous les bons designers devraient se poser : qu’est-ce que je pourrais apporter en tant que designer aux autres designer qui les aideraient à évoluer à leur tour ?