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Objets d’aujourd’hui et de demain dans un monde connecté… ou presque !

Internet des objets et rupture numérique

Les objets connectés, la maison connectée, les enfants et les bébés connectés, bienvenue dans un monde où le nouveau mot à la mode est « connecté ». On est donc tous connectés ou bientôt connecté et ce n’est qu’un début. L’engouement est important côté geek et presque inexistant pour les autres. En voici une illustration : je porte un FitBit Flex et on me demande régulièrement « c’est quoi ce bracelet qui clignote sur votre poignet ? ». Première réponse « c’est un FitBit Flex » (grimace de l’interlocuteur) deuxième tentative « c’est un traqueur d’activité » (incompréhension dans ses yeux), troisième tentative « ça me permet de vérifier que je me bouge assez au quotidien pour ma santé » (compréhension et compassion dans les yeux du novice) c’est gagné !

Il est difficile pour nous autres geek baignant dans cet océan rempli de traqueurs, capteurs, tablettes et autres objets connectés de percevoir la rupture numérique entre nous et le reste de nos concitoyens. Et rupture il y a réellement, elle est tellement réelle que le Conseil National du Numérique a proposé en novembre dernier un plan visant à réduire celle-ci en travaillant avec les enseignants, les formateurs professionnels et les travailleurs sociaux. On appelle (apparemment) « littératie informationnelle » (issue de l’anglais Information Literacy) cette nouvelle aptitude nécessaire à l’évolution dans notre monde numérique incluant donc la compréhension et d’utilisation du numérique. Et dans ce rapport on ne parle pas de nos nouvelles lubies de geek mais bien que certains citoyens se trouvent de plus en plus dans l’incapacité d’effectuer des tâches administratives simples nécessitant un ordinateur.

Bien que le chemin de ces nouveaux objets semble évident et logique, la route sera encore longue avant que Mme et M Tout le Monde aient chez eux une « Mother » ou la dernière station météo de chez Netatmo.

Chaque être humain est « unique » et sa vie l’est aussi

Petit à petit les objets connectés vont prendre leur place dans nos vies. Et quand ce sera chose faite leur utilisation ne sera pas uniforme et normée car chacun appréhende et utilise un même objet de manière différente. Les possibilités des objets tel qu’un traqueur d’activité sont multiples et chaque être humain est différent. L’Homme adapte son usage de façon à ce que cela corresponde à son mode de vie et a ses habitudes et puisse ainsi entrer dans son quotidien. Reprenons l’exemple du FitBit Flex (ou le Pulse, Misfit Shine, le Vivofit, le Jawbone, le Angel,…) et imaginons quelques scénarios :

  • Si je suis un homme en surpoids et au régime je suis tenté de me mettre un objectif de poids à atteindre avec un suivi précis des calories englouties et des calories dépensées grâce au sport et à la marche ;
  • si je suis une femme au poids normal je veillerai seulement à bien bouger et à surveiller mon poids régulièrement avec l’aide supplémentaires de mon Aria ;
  • si j’ai des problèmes de sommeil je peux veiller aux modifications de la qualité de mon sommeil (nombre de réveils, sommeil profond, sommeil agité). Et ensuite prendre l’Aura de Withings qui me permettra d’aller plus loin.

Ces quelques exemples pour dire qu’avec un seul objet « un bracelet connecté assez basique » les usages sont extrêmement variés et doivent s’adapter aux vies et aux besoins radicalement différents de leurs potentiels utilisateurs.

 

L’iOT est partout ! Encore faut-il être connecté…

Quand on sait qu’en mars 2013 déjà 23% des chefs de grosses entreprises* pensait que l’iOT changerai leur business model ou leur stratégie d’entreprise et que 68% avaient déjà fait des investissements dans le domaine de l’internet des objets à cette même date, on comprend que le phénomène est planétaire et irréversible. Les premiers chiffres de prévisions annoncent 24 objets connectés par être humain à l’horizon 2020. Quant à Cisco et sa publication de 2013 il nous remet les idées en place en informant que d’après lui seulement 0.06% des objets qui pourraient être connectés le sont actuellement dans le monde.

Les chiffres pour 2020 donnent le vertige quand ils sont mis en parallèle avec des chiffres actuels. Une maison de geek possède déjà entre 20 et 30 objets connectés à l’heure actuelle (je vous invite à compter). Contre 0 objet connecté dans 24,1% des foyers français**. Ici encore la rupture est bien visible et la première étape pour une propagation plus massive des objets connectés semble être de connecter ces foyers. Cela semble encore plus important quand on sait que 64% de ces foyers sont ceux des 65 ans et plus et que leurs besoins en connectivité ne va cesser de croître.

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Entrons dans le vif du sujet avec deux des secteurs où ces nouveaux objets connectés ont de l’avenir :

  • Les séniors & grands séniors ;
  • la sexualité.

Les séniors ont besoin d’innovations et d’objets connectés

Les objets de tout type émergent et de nombreux en lien avec la santé, la surveillance (pour la protection) et l’accompagnement des personnes âgées. Prenons un peu de recul et réfléchissons à ce point :

  • les personnes âgées sont parfois seules et isolées ;
  • elles ont de nombreux traitements et la prise de ceux-ci demande une précision (heure/jour/régularité de la prise) ;
  • elles peuvent faire des malaises ou des chutes (chaleur, manque d’hydratation, fragilité des articulations,…) ;
  • elles peuvent se perdre (Alzeimer) ;
  • elles sont parfois incapables de se relever après un malaise pour prévenir les secours.

Rien qu’avec ce début de liste on perçoit le potentiel de solutions que l’iOT peut apporter. Les séniors (3ème âge) et les grands séniors (4ème âge) sont des personnes dont les besoins deviennent de plus en plus vitaux. Pourtant très peu de solutions sont en place à l’heure actuelle permettant de gérer une population qui atteindra plus de 10 millions d’individus en France en 2040.

Mais n’innovons pas sans réfléchir. Les séniors et grands séniors représentent 64% des foyers français non équipés de connexion internet. Bien que ce chiffre tende à se réduire il faut réfléchir autrement concernant ces personnes.

  • concevoir des objets qui fonctionnent dans les foyers non équipés d’internet. Voir le travail sur les bijoux connectés de la société Assystel entre autre (photo ci-dessous) ;
  • pousser à un équipement des foyers de grands séniors de connections internet pour pouvoir faire face à l’accroissement de cette population dans les années à venir.

Pendentif Assystel Framboise G5

À l’heure actuelle pour un sénior en perte d’autonomie jusqu’à 3 personnes peuvent intervenir au quotidien. L’aide-ménagère, l’auxiliaire de vie et l’infirmière effectuent des tâches importantes auprès de ces personnes. Ce modèle peut-il fonctionner pour 10 millions de personnes ? Comment les objets de demain peuvent-il répondre à ces problématiques ?

Le contact humain est indispensable, les soins infirmiers à domicile le sont aussi mais face à une telle quantité d’individus un soutien va leur être nécessaire. Le binôme humain/objet connecté serait-il la réponse à l’avenir des grands séniors ?

 

L’internet des objets est coquin

Comme dans tout secteur technologique en pleine croissance nous retrouvons des produits érotiques. L’érotisme est un des domaines importants du design. De nombreux designers ont d’ailleurs travaillé sur des objets érotiques autour du couple et de la sensualité. Matali Crasset, Matteo Cibic, Discoh, Andrea Knecht, Sarah Szyber et même la société Philips avec le « Intimate Massagers ».

L’amour à distance

C’est donc comme une évidence qu’on les retrouve dans le monde des objets connectés. La marque Smart Love propose de rapprocher les couples qui vivent éloignés ou souvent en déplacement. Un design et une fabrication 100% française. Même objectif avec le Lovepalz (photo ci-dessous) dont les créateurs ont même développé des écouteurs spéciaux pour accompagner ce moment d’intimité et le Lovesense (Hong Kong) ainsi que le OhMiBod BlueMotion. Durex innove aussi avec Fundawear des sous-vêtements connectés fonctionnant avec une application iPhone (encore en phase de test).

Il est prévisible que dans les années à venir, l’apparition de nouveaux types de sites de rencontres ou que les sites de rencontre actuels offrent de nouveaux services autour des sextoys connectés. Et de nouvelles questions de société vont arriver avec eux.

 

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Quantified Sex

Une autre tendance est apparue en même temps que le quantified self appelée le quantified sex (sexe quantifié). Ce phénomène n’est cependant pas nouveau. Alors, après les “tableaux de chasse” de vos conquêtes que vous pouviez partager grâce à votre iPhone, après les applications pour savoir combien de personnes s’accouplent dans votre quartier et dans quelles positions. On trouve maintenant des applications qui permettent de quantifier vos performances sexuelles telles que Spreadsheets ou SexFit (objet + interface). Spreadsheet vous permet un suivi sur 7 jours (son, temps, etc.) et vous fournit toutes sortes de statistiques. Il est aussi possible de partager sur Twitter et Facebook. Vous pourrez choisir de poster :

  • la durée d’un ébat ;
  • uniquement si un nouveau record est atteint ;
  • ou le temps total d’accouplement.

Vous pourrez aussi participer aux statistiques globales internationales grâce à « Nipple, the sex tracker » d’ailleurs en plein tourment médiatique depuis son lancement provoquant mi-mars 2014 au SXSW.

 

« Le monde avec lenteur marche vers la sagesse »***

Il y a cependant une problématique que des statups et entreprises essaies d’ores et déjà de résoudre grâce aux objets connectés et qui vaut vraiment la peine d’être résolus. L’accompagnement des couples pendant la période où ils essaient de concevoir. Cette période peut facilement devenir source de stress et de questions. Les solutions actuelles ont tendances à “médicaliser” ce moment dès que les premières difficultés apparaissent. Bien que cela ne soit qu’un premier pas dans ce domaine délicat, des solutions innovantes commencent à apparaître. Un exemple avec la gamme de 8 produits Bleepbleeps en cours de développement dont :

  • Master Bates : un objet qui permet de tester la fertilité de son sperme (bonhomme orange ci-dessous) ;
  • Olivia P Sticks : un objet permettant de tester son ovulation (bonhomme bleu ci-dessous).

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On trouve aussi d’autres produits du même type tel que Temp-drop. Ces objets font suite aux applications tel que Glow qui demandait encore beaucoup d’investissement personnel en temps afin d’entrer toutes les données nécessaires (poids, température quotidienne, etc .).

Le sujet de la grossesse, de la naissance et de l’accompagnement des jeunes parents sont aussi des sujets qui sont développés et sur lesquels beaucoup de solutions restent à trouver pour faciliter et améliorer le quotidien.

 

*ARM et The Economist : sondage sur 779 entreprises
** Médiamétrie 1er trimestre 2013 « Référence des Equipements Multimédias »
*** Voltaire